Au sénat...

AU SENAT LA HONTE À L'UNANIMITÉ. 
Le vote au Sénat d’un amendement pour pouvoir dissoudre l’UNEF affiche un tableau pitoyable et angoissant de la montée du danger d’extrême droite en France. Puis l’interdiction dans le public d’un mariage de drapeaux étrangers sauf ceux de l’union européenne finit d’afficher le naufrage moral des sénateurs qui l’ont voté. Voici l’objectif de l’amendement qui annonce sans aucune ambiguïté la volonté de dissoudre le syndicat historique de la gauche étudiante à l’université. « Cet amendement propose de faire évoluer les conditions de mise en application de l’article L. 212-1 du code de sécurité intérieure pour permettre la dissolution d’associations racistes et dangereuses pour l’intérêt général. En réponse aux réunions non-mixtes, c’est-à-dire interdites aux « blancs », organisées par l’UNEF, nous devons agir. L’état du droit positif ne permettait pas de sanctionner cette démarche déplorable et intolérable, cet amendement propose de combler cette lacune. » Ainsi les groupes de parole que le syndicat a mis en place entre personnes victimes d’une même forme de discrimination sont assimilés contre toute raison à des réunions de discriminations raciales. Dans l’unique but de pouvoir dissoudre un syndicat. La droite agissant sous la pression de l’extrême droite l’a proposé et voté. Et l’amendement est passé à l’unanimité ! Oui à l’unanimité car la gauche présente dans l’hémicycle l’a adopté. Incroyable ! Le plus ahurissant sont les explications de vote de cette gauche-là. On entend ceux qui les expriment dire qu’ils « désapprouvent  l’objet (la dissolution de l’UNEF) mais qu’ils approuvent le texte ! Ils refusent donc le but mais approuvent son moyen ! Naufrage total ! De son côté, la ministre Schiappa avait nié la réalité vécue par les victimes du racisme : « Un groupe de parole fondé sur l'expérience vécue, oui ; exclure des gens sur leur couleur de peau, non. » Après quoi cependant sur la base d’une note d’un de ses conseillers elle avait fini par offrir une échappatoire: «  d'un point de vue juridique, la dissolution ne peut reposer que sur de stricts motifs d'ordre public. Celui que vous proposez est trop large et vague. Il y a donc un risque constitutionnel majeur. » Devant l’unanimité qui se dessinait elle donna son feu vert en décidant de s’en remettre à la « sagesse » du Sénat. Telle est la France à cet instant. Une droite sombrant dans le pire et une gauche sans repère ni principe qui tombe dans le piège grossier qui lui est tendu. Quant à la suite et le vote contre les drapeaux étrangers sauf ceux de l’Union européenne dans les mariages, on se pince pour y croire. Je ne sais pas qui est coutumier de cette pratique et je ne l’ai jamais entendu mentionner preuve qu’elle ne doit pas sembler si intrusive et dérangeante. Quatre ou cinq millions de bi-nationaux bons français sont donc contraint à la mutilation symbolique. Telle est le niveau de crétinisme xénophobe auquel la représentation politique du pays est parvenue.  JLM

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